mercredi 17 novembre 2010

Bishop Of The Dead & Emma Newell – Splashed Wrists EP – PopKatari records 2010 / PKACD018



+++CHRONIQUE+++

Notre devise : « la musique ne connait pas de limites » trouve aujourd'hui une application radicale avec ce premier EP d'un artiste nouvellement signé par une des figures de proues du label, et une de ses prolifiques représentantes, la charmante et néanmoins ténébreuse moitié de Government, Emma Newell, qui parraine techniquement et artistiquement ce premier 4-titres. L'univers industriel et sombre du premier LP de Government chroniqué jadis en ces pages, connait une radicalisation du côté de l'ambient/drone et du black metal pratiqué par un jeune homme de 19ans dont on sait peu de choses : qu'il vient de Copenhague, Danemark et qu'il a joué dans de nombreux groupes de la scène locale avant de laisser une démo au duo de Government lors d'un concert donné là-bas.

« Vik et moi travaillions en décalé sur les premières sessions de la trilogie, lui la nuit et moi la journée, confie Emma Newell. C'était très contraignant, on ne se voyait presque plus. Je suis partie seule en vacances à Copenhague une semaine en pensant à ce jeune fan qui nous avait laissé une démo que j'aimais bien, et avec qui j'avais échangé quelques mails. J'avais planifié de boire un verre avec lui et on a atterri dans son studio dans les sous-sols d'une auberge de jeunesse d'un quartier mal famé de la ville. On a bidouillé des sons qui nous plaisaient sans penser à un produit fini. Je suis rentrée et on a utilisé une Dropbox pour s'échanger la suite. Un mois plus tard, voilà ce que ça donne. »

Sorte de compromis magique entre les nappes éthérées de claviers et le violon de Newell et des samples de chants religieux et grégoriens auxquels elle applique un traitement de fond sans pitié et des riffs de guitare et des martèlements de boite à rythmes metal brutaux dans des climats à la fois atmosphériques et lourds, industriels et rêveurs, mélodiques et atonaux, ces quatres morceaux exhalent le parfum d'un souffre brûlant, des angoisses et des pulsions de mort non purgées dans un écrin violemment poétique (les titres de morceaux). Radical et punitif.


+++CREDITS+++

Bishop Of The Dead - Splashed Wrists EP - PKACD018

Parental advisory explicit content.

All tracks composed by Bishop Of The Dead and Emma Newell in Copenhague/Liège.

Produced and mixed by Bishop Of The Dead and Emma Newell, with the assistance of Vik Töhr.

Strings arrangements by Emma Newell

Mixed and Mastered at The Squat by Bleeds & Emma Newell.


Break Two Ribs Upon My Heart contains a vocal sample of a recitation from the site Pornfortheblind.org

Tracklist :

1. Vertical Tears Falling Through Centuries

2. Skullarship Telestar

3. Skull Invaded

4. Break Two Ribs Upon My Heart, It will Bleed To Death For You, Then


Right here, right now

lundi 13 septembre 2010

Qen – Analog Talk – PopKatari records 2010 / PKACD15


+++CHRONIQUE+++

Toujours là où on ne l'attend pas, Qen nous revient avec une série de travaux expérimentaux, la plupart basés sur des nappes industrielles échapées de son MicroKorg. Oubliez les utilisations pouet-pouet des groupes rock actuels du clavier Korg le plus vendu de ses dix dernières années, voici une tranche d'acier lourd revenu d'un cosmos sidéral où il était piégé depuis des années-lumières. La source synthétique n'en est que plus évocatrice, et Qen nous offre alors son oeuvre la plus cohérente, coercitive, flanquée d'un langage désormais complètement idiosyncratique.

Qen est le seul artiste capable de résumer en un son la distance entre la mélancolie du glorieux passé sidérurgique de son Liège natal et le mystère d'autres vies possibles nous envoyant des messages des confins de la stratosphère, ou bien de vieux films de science-fiction aux effets spéciaux désuets. Ces morceaux ont l'éclat d'un diamant noir.

+++CREDITS+++

Qen – Analog Talk

Music composed or improvised, produced and mixed by Qen

Mastered by Qen at rue Chestret, spring/summer 2010


Tracklist :


1. X°ñß

2. cp1919

3. goSUB

4. tw7o

5. massive star

6. Kî7s2

7. 7IÔR

8. AåÆ=K

9. DRKenergy

10. cyan circles

11. «¯ì®Šì†

12. mgntaR

13. ŠúÒȦ4

14. AT17a2 (bonus track)

15. HE 0437 5439 (bonus track)

16. rev03 (bonus track)


Téléchargement libre ici.

The Night annonce tracklist et cover de leur nouvel album : Volume I & II


Le duo Bleeds et Qen récidive, un an après la compilation de leurs premiers travaux, voici Volume I & II, double (!) album, 1 an et 3 mois d'effort, 23 morceaux, 139 minutes de musique, voyage astral, projection cosmique, krautrock, saillies électro, coups de boutoir techno, kosmische klavier, violon dissonant, parodies d'euro-dance et fields recordings de TF1 où vous retrouverez samplés, concassés, Bach, Chuck Norris, Karlheinz Stockhausen, du massepain sonore, Thierry Ardisson, un observateur d'OVNI, Klaus Schulze, les fantômes de Larry Heard & Jeff Mills, Demolition Man, les bandes originales des films de Melville et un enfant possédé par un démon.

The Night ne respecte rien ni personne : le métalangage musical qu'ils développent déjouent les prétentions de la musique d'avant-garde et de la scène dance actuelle dans un mélange jamais atteind d'humour et de respect. L'artwork reprend deux photos réalisées par Quentin, il y a des années, et voici donc à quoi cela va ressembler.

Le tracklisting est aussi à l'image du concept : absurde et décadent, détruisant deux mille ans de culture en dansant dans les débris :

CD 1 : 1. Monitoring A Disaster 2. King Willie 3. Le Doigt de Kevin interlude 4. Roule Encore, Trinichellu, Roule 5. Bach In Black Church Destroyer 6. Escape From Carpenters 7. Avant La Médiathèque 8. Vas-Y, Franco 9. Rise Of A Machine 10. Rising Coda Machine 11. Sito Gold Dinde II 12. Charming As A Boy 13. Glieze Coda Boy 14. Course:Poursuite 15. Freddy Et l'Epreuve De Confort 16. Machine, Arrière interlude 17. Vaudoo

CD 2 : 1. Heaven Punisher 2. Nature, 2032 3. Marzipan 4. Sito Gold Dinde I 5 Jump! Vision Nuit 6. Industries Phoenix

Le pre-order est lancé, il vous en coûtera 4€ seulement pour ce double disque (hors frais de port) et vous pouvez nous le commander ci-dessous par un simple message dans les commentaires en laissant votre nom et adresse mail.

Nous prendrons contact avec vous pour les modalités pratiques.

Première édition limitée à 100 exemplaires.

lundi 23 août 2010

The Night -- Megabol (single) -- 2010 PopKatari records / PKACD012



+++CHRONIQUE+++

Victor-Emmanuel Boinem, alias Bleeds, alias une moitié de The Night:

"Megabol (un titre absurde inspiré par un célibataire en quête d'âme soeur dont le portrait pixelisé orne la pochette) peut se targuer d'être à la fois la production la plus étrange et la plus fiévreuse de The Night à ce jour.
Sous l'impulsion d'un enregistrement de Quentin, grâce à un vieux Revox magnifique toujours en état de marche, sur bande magnétique d'une improvisation à la basse et au MicroKorg, j'ai voulu étirer mortellement (jusqu'à l'ennui en tout cas) les boucles jusqu'à une durée inusitée, à la fois dans le but de moquer la musique de danse actuelle, notamment la minimale et leur tracks kilométriques mais aussi pour créer un effet d'hypnose, de vertige, qui se veut une sorte d'Amok ou de fièvre tropicale, tandis que le rythme se disloque, que les boites à rythmes et la basse ronde s'entrechoquent paisiblement et finissent par faire l'amour, noyées sous une rivière de sons électroniques, de claviers et finalement un déluge noise et industriel qui terminait déjà notre premier album. Je pensais aussi à ce classique de la house de Manuel Göttsching, E2-E4, que Quentin et moi adorons. Et aussi aux images de Tropical Malady de Weerasethakul et aux premières expériences sur bande de This Heat, autre groupe fondamental dans la façon de réenvisager la structure des morceaux. Et à le réécouter, je pense que c'est aussi et surtout un morceau qui donne envie de pisser."

L'idée d'inclure des tambours du Carnaval de Binche viendra après. C'est plus dadaïste pour le coup, dans le sens où ça rompt clairement l'exotisme évoqué par la nature des sons plus haut. Les autres postures absurdes, où l'humour ressort clairement, est la longueur du morceau (présenté comme un single!), l'aspect rythmique réintroduit via la TR-707 (ou comme si on pouvait danser sur des contrepoints rythmiques aussi bancaux).
"J'espère que personne n'y vera des postures prétentieuses, parce que c'est tout le contraire."

propos recueillis par lui-même.

+++CREDITS+++

composé et produit par The Night, rue Chestret, de mars à mai 2010.
Megabol est basé sur une improvisation de Qen sur bande magnétique.
montage, mixage et mastering de Bleeds.

Qen : basse, claviers.
Bleeds : autres claviers, TR-707, effets, samples.

contient des samples d'un morceau de rock tyrolien non-identifié
et d'un field recording de tambour de Gilles au Carnaval de Binche.

Megabol a été inspiré par This Heat, Manuel Göttsching, Apichatpong Weerasethakul, Stefan Zweig et Vampire Rodents.

lundi 21 juin 2010

Government annonce une trilogie à venir avec un nouveau single







Le duo formé de Vik Tohr (basse,batterie,laptop) et Emma Newell (guitare, synthés, laptop) annoncent la publication prochainement une trilogie de disques dont le sujet reste à ce jour secret.

« Le premier volet se centre sur les compositions les plus compliquées et expérimentales que nous ayons faites à ce jour, en incorporant du free-jazz, du collage, des interludes vraiment soniques, beaucoup de processing digital, mais aussi des mélodies pop, de la dance, et le tout dure 69 minutes ! ».

Le couple a réalisé trois sessions pour enregistrer cette première part du tryptique, mais a une idée bien précise de ce que sera la suite : « le volume II sera plus orienté sur l'organique, voire le dub, avec beaucoup de psychédélisme, et pour le troisième on voudrait se faire violence autant que faire violence à l'auditeur. »

Le premier single envoyé en éclaireur « pas du tout représentatif de ce que sera l'album, juste pour les radios qui ne le passeront pas » s'appelle Verity In Myths (disponible sur notre MySpace). Il est dédié à Verity Susman, la chanteuse/multi-instrumentiste du groupe Electrelane. Et si ça, c'est un single, on peut penser que l'album risque d'être bien barré.

Le premier disque de ce tryptique devrait paraître en novembre prochain, et le deux suivants dans le courant 2011...

vendredi 28 mai 2010

Qen – Coloriage LP – PopKatari records 2007 / PKACD013+ (réédition)


Qen – Coloriage LP – PopKatari records 2007 / PKACD013+ (réédition)

+++CHRONIQUE+++


Bien avant la fondation de Pop Katari en 2008, Qen était déjà très actif comme en témoigne ce premier LP qu'il assemblait l'année précédente : Coloriage.

De constraste et de luminosité il est pourtant davantage question au fil de 14 plages qui parcourent le spectre, d'une house/post-punk binaire aux basses rondes et aux ruptures rythmiques minimalistes et ironiques (
Kamilla) à des vignettes ambient dans la lignée de Brian Eno (Ink pour la plus envoûtante et réussie) en passant par les classiques proto-new-wave comme Stockholm et Louisiane, confiés ensuite à Orange Odyssée.

Malgré les coups de boutoir jungle (Sonologie, Hexagone) et les chutes de subbasses terrifiantes de Detroit, Qen n'a jamais été si proche de la traduction spirituelle des sentiments de mélancolie et de résignation qui traversent toute sa musique.
Ecoutez plutôt Superficiel, loin de mériter son titre, une série de boucles de claviers aux harmoniques enchevêtrées citant en les ignorant les Residents.

Ses claviers éthérés et simples évoquent des voyages et paysages mentaux sculptés par Steve Roach ou l'inquiétude métaphysique de Harold Budd, frisant les strates industrielles à chaque instant. L'ambiance feutrée et soudain organique (le piano et la guitare blanche égrénant ses arpèges) de UFO's Around My Home rejoint même le Badalamenti de Twin Peaks et ses forêts de séquoias plongées dans les brumes humides du matin.

Après toutes ces considérations, les imperfections techniques du disque n'empêchent pas d'en faire la sortie la plus attachante de son auteur.

+++ CREDITS +++

Qen – Coloriage LP
(c) Quentin Remy 2007 / réédition (p) and (c) PopKatari records 2010
Music plus art Quentin Remi
Mastered at Avenue des Ormes, spring/summer 2007

Tracklist :

1. Delicious Things
2. Kamilla

3. Winow

4. Détroit

5. Hexagone

6. Louisiane (Red Light in the Night)

7. Sonologie (Qen House Electronic Center)

8. Stockholm (80's Neon)

9. Yourself Colony

10. Ink

11. Javea (Synthèse Hybride)
12. Superficiel

13. Toa (Fresh of XVIII)

14. UFO's Around My Home

Disponible ici aussi : Qen – Coloriage LP – PKACD013+

Qen – Japon EP – PopKatari records 2008 / PKACD003


Qen – Japon EP – PopKatari records 2008 / PKACD003


+++CHRONIQUE+++

On en peut plus d'attendre du nouveau matériel de Qen ! Annoncés depuis un bail, une édition définitive de ses Acid Tracks I-XLVII et de son Untitled Live tardent à se finaliser.

A défaut, nous vous proposons de replonger dans sa dernière sortie en date (sa seule sortie en solo sur PKA depuis la création du label en mai 2008), parcimonieuse comme tout, jugez plutôt : c'était en juin 2008, ça durait 19 minutes, 7 morceaux entre 1 et 4 minutes.

Pas une note de trop, une sorte de haïku pour laptop et claviers, contenant aussi une première version de Closing Doors plus tard finalisé par The Night, au moins un classique (Crème Glacée), des interludes suspendus par la grâce (Pagode, Quark). Quelques images donnent une idée du packaging aux pochettes variables, beau comme tout à posséder.

Et avis aux amateurs de raretés : bientôt, c'est promis, on réédite le Coloriage LP (2007) + un EP titré Nuit Noire (2007).


+++ CREDITS +++


Qen – Japon EP

(p) and (c) 2008 PopKatari records

Music plus Art Quentin Remi.

Made in my bed.

Recorded and mixed at Avenue du Petit Bourgogne

Mastered by Bleeds at Little Room, Awans.


1. Eventail

2. Let Me Know Gtr

3. Closing Doors

4. _

5. Pagode

6. Crème Glacée

7. Lanternes

8. Quark


Disponible ici aussi : Qen – Japon EP – PKACD003

lundi 26 avril 2010

The Whitelake en studio avant réincarnation

C'est en somme la déclaration faite par le Whitelake qui a posté ce message sur son facebook : "La période des concerts est finie... Du travail nous attends!! et des singles vont continuer à tomber du ciel!

Nous prévoyons pour les grandes vacances de réaliser un petit reportage sur notre label, ainsi que d'enregistrer dans un vrai studio les nouveaux morceaux afin de prévoir une nouvelle mini tournée début octobre. à très bientôt ♥ TWL"


D'ici là, le single "Love Symphony" est toujours disponible sur leur page myspace

vendredi 12 mars 2010

The Night - Twenty (Two) - PopKatari records 2008


The Night – Twenty (Two) – PopKatari records 2008 / PKACD006





+++ CHRONIQUE +++


Disponible uniquement à... 1 exemplaire (!),
Twenty (Two) ne sera jamais réédité sous format disque. D'où l'intérêt de cette version téléchargeable gratuitement. A la base du projet, Victor-Emmanuel Boinem (Bleeds) et Quentin Remi (Qen) aussi dans Orange Odyssée, les deux moitiés de The Night à la base de PopKatari ont comme idée d'offrir à leur ami et collègue d'Orange Odyssée, le batteur Hadrien Panelli, deux longs morceaux de vingt minutes composé par chacun respectivement, pour son vingtième anniversaire. L'idée se concrétise sous le titre Twenty, avec la référence catalogue PKACD001. Plus tard dans l'année, une autre amie fête ses vingt ans elle aussi, et The Night remet le couvert pour une longue suite instrumentale de quatre morceaux, censés représenter quatres états de l'amitié, quatre évolutions des relations humaines. Ce sera Twenty (Two), PKACD006, plus cryptique, parfois presque symphonique au sens structurel du terme.

Strange, Slow Connection
s'étend sur douze minutes et croise différents thèmes comme Qen le faisait sur HBH 4-Ours, son morceau sur Twenty, dans le même éther d'abord mélodique, spatial pour un peu (une reprise des pistes de Machine, Arrière), puis bientôt sourd et angoissant (reprise d'un acid-track à la TR606 lancinante), sur des lits de voix, de grincements de TB303, bientôt dérivé en un spectral écho à l'assise étrangement funk, pour s'achever dans des digressions de lignes de infra-basses.
Friend-Ship
possède, lui, une mélodie de piano claire, mais les perturbations viennent de percussions étranges, menacés un temps de dévier par un synthé puis rattrapé par des cordes qui en soulignent la simplicité. Quelques étrangetés plus loin, le piano revient pour marteler une suite d'accord sur lequel le beat vient rebondir, avant une coda de clavier.
Distance
est une affaire d'émotion et de finesse, autour de resassements de guitares en arpèges, qui virevoltent dans un espace sans rythmiques, errent, se repèrent et se répètent pour connaitre une conclusion dans le bouleversant Cidre de Qen, composition classique entièrement réalisée au Wavestation. Resolution conclut avec l'apaisement en un psaume autour d'une guitare sèche de Benjamin Boinem, de basse et de cordes adjointes et même TR606 lentement décalée du tempo comme Bleeds les aime.


+++ CREDITS +++

The Night – Twenty (Two)
(p) and (c) 2008 PopKatari records


Strange, Slow
composed by Remi, Friend-Ship + Resolution composed by Boinem, Distance composed by Boinem
Produced by The Night
Recorded and mixed at AB103, Little Room & Avenue des Ormes

Mastered by Bleeds at Little Room, Awans.


1. Strange, Slow Connection
2. Friend-Ship
3. Distance

4. Resolution

Disponible ici aussi :
The Night – Twenty (Two) - PKACD006

vendredi 5 mars 2010

Government – Unreviewed By the Press (which is Sold to Lobbies) – PopKatari records 2010


Government – "Unreviewed By the Press (which is Sold to Lobbies)" – PopKatari records 2010 / PKACD009


+++ INTERVIEW +++

Vik Töhr - L'idée maîtresse du disque, c'est de repenser le rock pour ce qu'il est selon nous : un territoire d'expérimentation, un danger permanent, sexy, juvénile. On essaie de tirer de l'ordinateur des sons de basse, de guitare, que les instruments organiques eux-mêmes ne pourraient jamais produire.

Emma Newell - En fait On est assez épuisé d'écouter ce qui se fait aujourd'hui. Nos références, c'est Royal Trux, Suicide, Vampire Rodents, The Residents,... Des groupes qui n'ont plus rien produit d'intéressant depuis vingt ans au moins. Je ne sais pas si c'est un hasard, d'ailleurs, mais tout me semble si futile aujourd'hui. Il sort trop de musique, tout le monde s'y met...y compris nous! Tout un chacun se croit musicien, mais on est fondamentalement une bande d'incapables égocentrés grâce à notre vie virtuelle, qui nous fait croire que notre individualité est tellement importante. C'est tragique !

V.T. - Depuis dix ans, le son a grossi, mais ça ne sert qu'à camoufler une écriture de morceau qui s'affadit de jour en jour. Les années 2000 sont de loin les pires de toute l'histoire de la musique. Rien de crucial ne s'est joué. C'est un défi d'aimer la musique de nos jours, parce que tu dois chercher et trier sans cesse pour trouver ce qui est bon. Et la plupart du temps, tu dois retourner dans le passé.

E.N. - On aime bien l'idée de connerie, de débilité en musique. On essaie de casser le côté « intellectuel », « art-rock » des morceaux avec un humour crétin. On revendique cette crétinerie ! La morosité ambiante des années 2000, c'est notamment à cause d'un rock qui se prend au sérieux comme c'est pas possible, alors qu'il est complètement futile, et au fond risible. Prime Minister par exemple, connaît des moments où le volume explose au milieu du morceau, sans raison. On a cherché cette dynamique. Pour moi, c'est la façon de réintroduire un des éléments fondateurs qui a disparu du rock : la menace.

V.-E. B. - Un mot sur le nom du groupe, et les titres des morceaux. Pourquoi ces références politiques ?

V.T. - Ca fait partie de la connerie ! (rires) On s'appelait déjà Government à Londres. Tout ce que faisait le gouvernement anglais nous paraissait tellement effrayant et con que c'en était drôle. C'était exactement ce qu'on cherchait à faire en musique ! Mais alors, en arrivant en Belgique, on s'est rendu compte qu'on était encore loin de pouvoir se plaindre. Ce pays, c'est vraiment de la merde, mais on aime ce bordel généralisé. Le gouvernement prend des décisions navrantes, tout est si lent, procédurier, administratif, on croirait un cauchemar de Kafka. Et en même temps, il est en avance sur l'énorme majorité de l'Europe, c'est assez incompréhensible. Il y a juste que la famille royale, on trouve ça vraiment méchamment débile... Ces têtes d'abrutis qui volent 80.000€ par jour au contribuable, ça a quelque chose de révoltant. Il faudrait annihiler toute les familles royales du monde en fait, s'il y a bien des profiteurs qui ne servent vraiment à rien, ce sont eux !

E.N. - Yves Leterme, on aimerait bien l'immoler aussi ! Le meilleur résumé c'est encore notre titre : « La plus grosse des conneries fait sens avec le gouvernement ».

Traduit de l'anglais par V.-E.B.


+++ CHRONIQUE +++

Unreviewed By the Press est le premier album du couple Vik Töhr/Emma Newell, réalisé peu après leur installation à Liège.

Le disque s'ouvre sur A Call To the Royal Families Genocide, réquisitoire à cordes, bientôt synth-pop, puis affectés de percussions cheap et d'une batterie en crescendo pour un titre foncièrement ironique, qui veut nous voir descendre dans la rue pour décapiter Albert II !

Set Fire to the Prime Minister est tout de suite plus sérieux. Propulsé par un motorik beat à la Klaus Dinger, une ligne de basse bientôt polarisée s'envoie en l'air sur des effets de processing qui la tord et distord en une ignoble vrille sonique, tandis qu'un orchestre de bulles sert d'intermède apaisant, avant de revenir proposer toutes les variantes imaginables sur une simple mélodie pop. Las! Après des solos de guitare qui dialoguent avec les synthés (chaque phrase musicale est reprise deux fois chez G.), le beat se complexifie, et lorsque la trance devient irrésistible, se double d'un kick disco, pour s'achever dans une bacchanale païenne et foutraque où toutes les couches s'emmèlent dans un trou noir de distorsions.

Biggest Bullshit s'articule sur une rythmique de TR-606 et des notes de guitares samplées et retravaillées, avant que Newell ne fasse l'épure et polarise le beat pour le tranformer en une carcasse sonore décharnée jusqu'au-boutiste.

L'intermède Good Blood n'est pas pour autant un répis, sa basse lente est le lit d'une trompette saoule qui hurle dans la nuit.

Le deuxième morceau de bravoure s'appelle Ladyboyz, référence à ces charmantes femmes qui en ont, et propose en effet de se méfier des apparences. Un riff de guitare western à des circonvolutions qui évoquent le thème de Pink Panther de Mancini, mais ceci n'est rien en comparaison des triturements de synthés qui suivent, et s'additionnent dans une jam électronique surréaliste qui redonne un sens au terme « expérimental » tout en tentant le paradoxe de conserver une base mélodique avant un mouvement de cordes qui vient balayer ce qui précède.

Use Silencers est une sonate qui conclut le disque, entre discussion paranoïaque sur les ovnis, lignes solitaires de piano et berceuse improvisée au Micro-Korg.


+++ CREDITS +++

Government – Unreviewed by the Press...

(p) and (c) 2010 PopKatari records

All tunes, tricks and tones by Vik Töhr/Emma Newell

Produced by Bleeds

Recorded and mixed by Government & Bleeds at the Squat.

Mastered by Bleeds at Little Room, Awans.


Vik Töhr : keyboards, synths, piano, percussion, guitar, bass guitar, Eqs, wah-wah, limiters, ...

Emma Newell : drums, percussion, keyboards, bass, elecric guitar, mute trumpet, viola, violin, ...


1. A Call to the Royal Families Genocide

2. Set Fire to the Prime Minister

3. Biggest Bullshit Makes Sense with G.

4. Good Blood

5. Ladyboyz

6. Use Silencers


Disponible ici : Government – Unreviewed...

jeudi 4 mars 2010

Un nouveau label liégeois

Pop Katari records est une structure active depuis mai 2008. A l'origine un simple nom utilisé par deux musiciens de Liège pour leurs premières productions, le domaine Pop Katari s'étend désormais à des soirées, des concerts, une dizaine de groupes et artistes solos qui développent chacun leur univers musical propre.

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