
+++CHRONIQUE+++
Victor-Emmanuel Boinem, alias Bleeds, alias une moitié de The Night:
"Megabol (un titre absurde inspiré par un célibataire en quête d'âme soeur dont le portrait pixelisé orne la pochette) peut se targuer d'être à la fois la production la plus étrange et la plus fiévreuse de The Night à ce jour.
Sous l'impulsion d'un enregistrement de Quentin, grâce à un vieux Revox magnifique toujours en état de marche, sur bande magnétique d'une improvisation à la basse et au MicroKorg, j'ai voulu étirer mortellement (jusqu'à l'ennui en tout cas) les boucles jusqu'à une durée inusitée, à la fois dans le but de moquer la musique de danse actuelle, notamment la minimale et leur tracks kilométriques mais aussi pour créer un effet d'hypnose, de vertige, qui se veut une sorte d'Amok ou de fièvre tropicale, tandis que le rythme se disloque, que les boites à rythmes et la basse ronde s'entrechoquent paisiblement et finissent par faire l'amour, noyées sous une rivière de sons électroniques, de claviers et finalement un déluge noise et industriel qui terminait déjà notre premier album. Je pensais aussi à ce classique de la house de Manuel Göttsching, E2-E4, que Quentin et moi adorons. Et aussi aux images de Tropical Malady de Weerasethakul et aux premières expériences sur bande de This Heat, autre groupe fondamental dans la façon de réenvisager la structure des morceaux. Et à le réécouter, je pense que c'est aussi et surtout un morceau qui donne envie de pisser."
L'idée d'inclure des tambours du Carnaval de Binche viendra après. C'est plus dadaïste pour le coup, dans le sens où ça rompt clairement l'exotisme évoqué par la nature des sons plus haut. Les autres postures absurdes, où l'humour ressort clairement, est la longueur du morceau (présenté comme un single!), l'aspect rythmique réintroduit via la TR-707 (ou comme si on pouvait danser sur des contrepoints rythmiques aussi bancaux).
"J'espère que personne n'y vera des postures prétentieuses, parce que c'est tout le contraire."
propos recueillis par lui-même.
+++CREDITS+++
composé et produit par The Night, rue Chestret, de mars à mai 2010.
Megabol est basé sur une improvisation de Qen sur bande magnétique.
montage, mixage et mastering de Bleeds.
Qen : basse, claviers.
Bleeds : autres claviers, TR-707, effets, samples.
contient des samples d'un morceau de rock tyrolien non-identifié
et d'un field recording de tambour de Gilles au Carnaval de Binche.
Megabol a été inspiré par This Heat, Manuel Göttsching, Apichatpong Weerasethakul, Stefan Zweig et Vampire Rodents.
disponible ici : The Night - Megabol (single)
Le lien cassé est re-up, kids.
RépondreSupprimerV.-E. B.